Le château de Versailles et le conseil général des Hauts-de-Seine organisent l’exposition « Trésor du Saint-Sépulcre, présents des cours royales européennes à Jérusalem ». Elle présentera pour la première fois quelques 250 chefs-d’œuvre inconnus issus de l’un des derniers trésors de l’Occident, et ce, simultanément au château de Versailles et à la Maison de Chateaubriand, du 16 avril au 14 juillet.

Jérusalem, « nouvel ombilic du monde »

trésors saint sépulcre versailles chatenayAvec l’extension du christianisme, le centre du monde se déplace à Jérusalem. Très vite, le Saint-Sépulcre, lieu de la Résurrection du Christ, exerce une grande attraction. Il devient la source majeure du rayonnement du mystère chrétien vers l’ensemble de l’Occident.

Dès le IVe siècle, il devient un lieu de pèlerinage très fréquenté où affluent des milliers de croyants, accueillis par les frères franciscains, gardiens des Lieux saints, établis à Jérusalem depuis vingt-huit générations. En effet, en 1219, la rencontre de Saint François avec le sultan Al Malik, neveu de Saladin, en pleine période des Croisades, ouvre la voie du dialogue entre Chrétiens et Musulmans.

Au début du XIXe siècle, Chateaubriand (1768-1848), après avoir visité « la terre des prodiges et les sources de la plus étonnante poésie », a publié son Itinéraire de Paris à Jérusalem qui a donné une nouvelle impulsion aux voyages en Orient. L’auteur a également proposé de conduire la restauration de la basilique du Saint-Sépulcre, après l’incendie qui l’a ravagée en 1808.

Une extraordinaire accumulation d’objets d’art au fil des siècles

Le Trésor du Saint-Sépulcre est constitué d’extraordinaires œuvres d’art, destinées à rehausser la splendeur de la basilique du Saint-Sépulcre de Jérusalem ainsi que de celles de Bethléem ou de Nazareth et envoyées en hommage aux Lieux saints par les principaux souverains européens.

Adressés tout au long de l’histoire par des fidèles et des pèlerins, ces présents sont très divers quant à leur provenance, leur style et leur époque: allant des émaux limousins du XIIe siècle à une cloche chinoise encore plus ancienne. À partir de la fin du XIVe siècle, des présents en plus grand nombre affluent de toutes parts. En se limitant aux provenances royales, se rencontre une multitude de lampes de sanctuaire en argent ou en or, de candélabres de vermeil, de bassins de monstrance dignes des plus grands buffets royaux, de vases liturgiques enrichis d’émaux et de pierres précieuses, de crosses et de croix de procession ciselées par les plus grands orfèvres, ou encore d’étoffes précieuses, lampas, brocarts, velours ciselés, ornés des motifs les plus exubérants.

Pour la France, les Bourbons perpétuent cette tradition royale de cadeaux religieux et diplomatiques : ainsi Louis XIV fait-il expédier de somptueuses pièces d’orfèvrerie, permettant d’évoquer un Versailles aujourd’hui disparu. En 1686, la Sérénissime République de Gênes offre un des plus extraordinaires ensemble d‘ornements jamais réalisés, brodé de fil de soie polychrome.

Mais, plus encore que toutes les autres nations, après le Saint-Empire et le Portugal, l’Espagne déploie un faste culminant dans une orfèvrerie d’or massif qui peut être jugée sans équivalent dans le monde.

La dimension diplomatique et politique inhérente à la constitution de ce trésor sera mise en évidence dans le livre d’art et d’histoire qui accompagnera cette exposition. Une quarantaine de contributeurs de renom international ont été réunis pour la rédaction de cet ouvrage de 416 pages, disponible en français et en anglais, publié par le Conseil général des Hauts-de-Seine-Maison de Chateaubriand.

Trésor du Saint-Sépulcre
Présents des cours royales européennes à Jérusalem
16 avril – 14 juillet 2013
Château de Versailles, salles des Croisades et Maison de Chateaubriand, Châtenay-Malabry

Deux lieux d’exposition

Les salles des Croisades du château de Versailles

Lorsqu’il transforma la demeure des rois en musée consacré à toutes les gloires de la France, Louis-Philippe créa ces espaces afin d’y honorer les vieilles familles de la noblesse française ayant participé aux huit croisades (du XIe au XVIe ) au Moyen-Orient. Leurs blasons sont représentés aux plafonds des cinq salles.

Cette épopée est présentée à travers quelque cent cinquante tableaux commandés aux artistes les plus célèbres d’alors : Delacroix, Vernet, Granet … Au centre de la salle principale se trouve la grande porte en cèdre provenant de l’hospice des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Rhodes, offerte en 1836 par le sultan ottoman. Cette porte est la source d’inspiration du décor de ces salles qui constituent un ensemble néo-gothique exceptionnel.

La maison de Chateaubriand

Aujourd’hui musée du Département des Hauts-de-Seine, labellisée «Maison des Illustres», la Vallée-aux-Loups a été acquise par Chateaubriand en 1807, à son retour d’Orient. L’auteur y vécut jusqu’en 1817 ; il y écrivit les Martyrs, l’Itinéraire de Paris à Jérusalem, les Aventures du dernier Abencérage, Moïse, et y commença une Histoire de France ainsi que son chef-d’œuvre, les Mémoires d’Outre-tombe. Décorée dans le goût du début du XIXe siècle, la Maison, qui accueillit également Juliette Récamier, évoque la vie et la carrière littéraire de l’auteur, voyageur et homme politique, et s’ouvre sur un parc de 11 hectares dessiné et planté par ses soins, agrémenté d’essences d’arbres lui rappelant ses voyages. Y sont également évoqués les propriétaires qui succédèrent à l’écrivain, notamment Matthieu de Montmorency, la famille La Rochefoucauld-Doudeauville et le docteur Le Savoureux, qui y accueillit de nombreux artistes et hommes de lettres, comme Léautaud, Paulhan, Valéry, Saint-John Perse… Conjuguant mémoire et création, la Maison propose des visites guidées, expositions temporaires, conférences, rencontres-débats, spectacles… et est dotée d’une bibliothèque consacrée à Chateaubriand, au romantisme et au XIXe siècle français.

Oeuvres majeures présentées

Au château de Versailles

• Maquette du Saint-Sépulcre en marqueterie de nacre (XVIIe)

• Ombilic en porphyre antique enchâssé dans une monture en argent doré offert par la reine Marie-Amélie de Saxe, reine d’Espagne

• Codex vaticanus (1362) où figure la plus ancienne représentation du Saint-Sépulcre

• Épée dite de «Godefroy de Bouillon» ayant servi à l’adoubement de Chateaubriand

• Firman de Soliman, 1528

• Grand bassin en argent offert par le Portugal en 1673

• Crosse en émail limousin (XIIe)

• Ostensoir en argent doré offert par la princesse de Condé, Paris, 1647

• Suite de quatre flambeaux «au chinois» en argent, Gênes, 1740

• Suite de six flambeaux fleurdelisés en argent, argent doré, offerte par Louis XIII, Paris, 1623

• Croix de procession fleurdelisée, en argent doré, offerte par Louis XIII (Paris, v. 1620)

• Paire de bassins en argent doré offerte par Louis XIII, Paris, 1621-1623, par Claude Caignet

• Ornement brodé de fil d’or et d’argent offert par Louis XIII

• Crosse en argent, argent doré et pierreries offerte par Louis XIV

• Calice en argent doré offert par Louis XIV, Paris 1661, Nicolas Dolin

• Ornement offert par Louis XV

• Plateau et burettes en argent doré, or et pierreries offerts par François Ier et Marie-Thérèse

• Lampe de sanctuaire en or offerte par l’Empereur François Ier et son épouse Marie-Thérèse

• Lampe de sanctuaire en or massif offerte par le Portugal

• Ornement «aux grandes palmes» (velours de Gênes sur drap d’argent) offert par le roi de Portugal

• Ornement brodé en fil de soie offert par la République de Gênes

• Calice offert par Philippe II d’Espagne

• Baldaquin eucharistique en argent, bronze doré, pierreries, offert par Philippe IV d’Espagne, en 1665

• Dais de procession en soie brodé de fil de soie, offert par l’Espagne

• Paire de très grands candélabres en argent offerte par le royaume de Naples, 1760

• Devant d’autel en argent et argent doré, offert par le royaume de Naples vers 1730

• Tabernacle en argent et bronze doré offert par le royaume de Naples en 1729

• Baldaquin eucharistique en or massif et pierres précieuses offert par Charles de Bourbon, roi de Naples, en 1754

• Ostensoir en or massif et pierres précieuses offert par Charles de Bourbon

• Crosse en or massif et pierreries offerte par Charles de Bourbon

• Grand bas-relief en argent massif représentant la résurrection, de Gennaro Blasio, Naples

À la maison de chateaubriand

• Francisco Ribalta, La décollation de saint Jean-Baptiste

• Maître de l’Annonce aux bergers, L’adoration des bergers

• Francesco de Mura, Le Couronnement de la Vierge

• Francesco de Mura, L’Annonciation

• Francesco de Mura, Le songe de Joseph

• Francesco de Mura, Jésus apparaît à sa mère

• Francesco de Mura, Le Christ au jardin des oliviers

• Francesco de Mura, Le Christ avec sainte Véronique

• Francesco de Mura, La déploration du Chris

Informations

Château de Versailles

Tél : 01 30 83 78 00
www.chateauversailles.fr

Horaires d’ouverture
L’exposition est ouverte tous les jours, sauf le lundi de 9h à 18h30 (dernière admission à 18h) .

Tarifs
Exposition incluse dans le circuit de visite du Château. 15 €, tarif réduit 13 € (avec audioguide).

La maison de Chateaubriand

87 rue de Chateaubriand
92 290 Châtenay-Malabry
Tél.: 01 55 52 13 00
maison-de-chateaubriand.hauts-de-seine.net

Horaires d’ouverture
Du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h, le dimanche de 11h à 18h.
Fin de vente des billets : 17h30. Dernière entrée des visiteurs dans la Maison : 17h30.

Tarifs
Visite libre : 4€ (tarif réduit : 2,50€). Visite guidée : 6€ (tarif réduit : 4,50€)
Donne accès au musée (y compris collections permanentes) et au parc.