rythmes scolaires versaillesC’est décidé : à la rentrée 2014, les écoles maternelles et primaires auront cours le mercredi matin, de 8h30 à 11h30, et les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 8h30 à 11h30 et de 13h45 à 16h. Tel l’a décidé le ministère qui n’a pas retenu la proposition du maire.

Car il y a eu polémique à Versailles.

Si on cherche … on trouve un sondage réalisé en ligne en 2013 auquel 70% des parents qui ont répondu se sont dits favorables à la classe le mercredi. En revanche, rien sur un éventuel processus d’élaboration conjoint ou de concertation.

On peut imaginer que les parents auraient rapidement calculer que, la classe le mercredi pouvait permettre de profiter sereinement de ses enfants durant les 2 jours du weekend, d’autant plus s’ils sont divorcés, c’est plus simple… et puis les enfants qui profitent des centres de loisirs le mercredi, parce que les mêmes parents travaillent le mercredi, n’auraient pas à être réveillés 6 jours sur 7. Nous-mêmes adultes, on ne part travailler que 5 jours sur 7…

Certains représentants de parents d’élèves nous avaient informés que le maire avait fait une demande, depuis la parution du décret du 8 mai, de dérogation pour une organisation incluant école 1 samedi sur 2 ; une sortie des classes à 16h ou 16h15, une pause déjeuner allongée d’1/4 d’heure et 6 jours de congés estivaux en moins, le tout sur des semaines alternant 22 heures d’enseignement et 25 heures. Rien de ferme en terme d’activités périscolaires…

Pas de bol, l’inspection académique lui a donc demandé de revoir sa copie.

D’autant que pour que le recteur se prononce sur la proposition d’une commune qui demande une adaptation par dérogation (demande de dérogation obligatoire quand on propose 22 ou 25 heures d’enseignement hebdomadaires, au lieu des 24h demandées), il doit avoir en main une proposition conjointe d’une commune et… d’un ou plusieurs conseils d’école. Et cela n’a pas été le cas à Versailles, car il n’y a pas eu de concertation, alors une proposition conjointe, on en était loin.

Bon alors, tout ce rififi, pourquoi ?

C’est bien la question qu’on pourrait se poser. A bien y réfléchir, ça ressemble à une bonne stratégie politique : si la demande non concertée du maire était passée, car son modèle est le plus intéressant économiquement pour la ville : 1 point pour lui.

Mais comme sa demande n’est pas passée, il va être obligé de mettre en place la réforme comme les autres, il pourra donc plus facilement augmenter « à son corps défendant » les contributions financières des Versaillais (impôts, coeff, pv stationnement…) en se targuant du coût de la réforme : 1 point pour lui.

Et pourtant, nul besoin de réforme des rythmes scolaires pour augmenter les impôts : Versailles comme toutes les communes se voient amputer de 11 milliards d’euros de dotations de l’Etat : il faudra bien les trouver quelque part…

La reforme des rythmes scolaires : kesako ?

Si vous avez raté le feuilleton, les points principaux sur la réforme des rythmes scolaires en date du 8 mai 2014 avec le décret d’assouplissement de Benoit Hamon.

Le nouveau décret aménage, à titre expérimental, des possibilités d’assouplissement sous le contrôle du recteur. Il permet de regrouper les activités périscolaires sur une même demi-journée.

Les encadrements majeurs restent :

– enseignements répartis sur au moins 8 demi-journées dont 5 matinées,

– plafond de 24 heures hebdomadaires,

– maximum de 6 heures par journée et trois heures trente par demi-journée.

Certaines semaines peuvent être allégées mais compensées sur les périodes de congés (vacances d’été).

A titre expérimental, pour une durée de trois ans, le recteur d’académie peut autoriser des adaptations à l’organisation de la semaine scolaire par dérogation. Ces adaptations ne peuvent toutefois avoir pour effet de répartir les enseignements sur moins de huit demi-journées par semaine, comprenant au moins cinq matinées, ni d’organiser les heures d’enseignement sur plus de vingt-quatre heures hebdomadaires, ni sur plus de six heures par jour et trois heures trente par demi-journée. Ces adaptations peuvent s’accompagner d’une dérogation mais ne peuvent avoir pour effet de réduire ou d’augmenter sur une année scolaire le nombre d’heures d’enseignement ni de modifier leur répartition.

Le recteur se prononce sur une proposition conjointe d’une commune et d’un ou plusieurs conseils d’école. Il peut décider que l’expérimentation s’applique dans toutes les écoles de la commune quand une majorité des conseils d’école s’est exprimée en sa faveur.

Le recteur s’assure du bien-fondé éducatif de l’expérimentation, de sa cohérence avec les objectifs poursuivis par le service public de l’éducation, de sa compatibilité avec l’intérêt du service et, le cas échéant, avec le projet éducatif territorial .

Cote aides au financement de la reforme, ça donne quoi ?

Les communes bénéficient d’une dotation de l’Etat de 50 € par enfant et par an scolarisé dans les écoles maternelles et élémentaire publiques, d’une aide de la CNAF pour les activités périscolaires dans les accueils de loisirs, de 54 € par enfant/par an.

A Versailles : 7000 enfants concernés.

Soit : 350 000 € d’aide de l’Etat auxquels pourraient s’ajouter pour les activités périscolaires en accueils de loisirs : 378 000 €.

Si on prend les 4000 communes qui ont mis en place les nouveaux rythmes en septembre 2013 :

– Toutes sont parvenues à organiser une prise en charge des enfants jusqu’à 16h30

– ¼ d’entre elles ont mis en place un processus de concertation et d’élaboration conjoint avec l’ensemble des acteurs concernés (parents d’élèves, monde associatif, conseils d’école, …) qui porte le nom de Projet éducatif Territorial. Non obligatoire mais conseillé et souvent mentionné dans les décrets et supports du ministère destinés aux collectivités.

– 99% d’entre elles ont choisi de faire classe le mercredi

Avec le concours de Wonderwoman et de la Fée des écoles