La relation entre les Mormons et la région versaillaise, c’est une histoire compliquée. Mais les Saints des Derniers Jours semblent tout faire pour installer leur premier temple au Chesnay, le maire y étant favorable.

Cela fait longtemps que cette religion, fondée en 1830 aux Etats-Unis et qui compte 33 000 adeptes en France, souhaite s’installer près de Versailles, où ils ont déjà un centre généalogique (5, rond-point de l’Alliance à Glatigny).

Ils ont d’abord ciblé la petite ville de Villepreux, notamment l’ancien domaine de Gondi (400 ha), appartenant à la famille Clérico propriétaire du Moulin-Rouge, doté de plusieurs bâtisses, de deux exploitations agricoles, d’un haras, d’un plan d’eau et d’un parc arboré. Le tout estimé entre 38 et 40 millions d’euros, l’achat étant financé par la dîme versée par les fidèles. Mais malgré une promesse de vente signée, les habitants s’y sont fortement opposés ; de plus, le futur bâtiment se serait trouvé dans la perspective du château de Versailles, dans la plaine de Villepreux).

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Il y a donc urgence car les Mormons n’ont pas de temple en France et sont obligés de se marier en Angleterre, en Allemagne ou en Hollande. Le choix s’est donc porté récemment sur l’ancien bâtiment EDF au Chesnay, au 46, boulevard Saint-Antoine, et qui appartient à la Foncière des Régions. Montant estimé : 80 millions d’euros.

Le maire Philippe Brillault s’est montré favorable au projet mais, si le projet est conforme au PLU, la décision ne peut venir que du propriétaire. Samedi matin, aura lieu d’ailleurs une réunion de concertation avec les riverains.

Mais les Mormons vont devoir affronter plusieurs obstacles. D’une part, deux autres candidats se sont manifestés : un promoteur immobilier qui veut faire des résidences et l’académie de Versailles.

D’autre part, si EDF va bel et bien quitter les lieux, le propriétaire ne sait pas encore s’il va louer ou vendre.

Enfin, le mouvement religieux traîne une mauvaise image en France. Non polygames, contrairement à certaines rumeurs, non classés comme secte, ils sont quand même visés par Catherine Picard (présidente de l’UNADFI, Association de défense des familles et de l’individu victimes des sectes des Yvelines), qui affirme qu’il « s’agit d’un mouvement à déviance sectaire. C’est une communauté qui vit en vase clos, où la place de la femme est réduite à néant. L’enseignement religieux pour les enfants est tellement important qu’ils n’ont pas de temps à consacrer à autre chose. C’est un fonctionnement très limite. »