Coup de gueule d’un Porchifontain à propos du sort médiatique réservé à la mort d’une femme SDF dans les bois de Porchefontaine. Deux poids, deux mesures, deux humanités…

Si les bois de Porchefontaine sont un lieu charmant de promenade, de jogging, d’équitation, de jeux scouts, ils sont parfois, bien discrètement, le cadre de drames sinistres autant que discrets. Peut-être avez vous lu une brève du Parisien, fin janvier, annonçant qu’une femme SDF avait été trouvée carbonisée dans son logement de fortune que les promeneurs du dimanche peuvent voir aisément à vingt pas du chemin, à cent mètres du Parc des Nouettes. Etait-ce la jeune femme que je croisais parfois avec deux compagnons d’infortune square Lamome ou sur le parking d’Huttopia ? Je ne sais. Toujours est-il que je ne l’ai pas revue depuis. Et depuis, on n’en a plus reparlé.

Il est facile de jouer les « indignés » et de dresser une saisissante antithèse à la Victor Hugo entre les coquets pavillons de Porchefontaine et le cabanon, entre la Ville Royale et la pauvreté absolue, voire d’accuser le monde entier. Trop facile. On sait que les problèmes des SDF ne se limitent pas à un relogement, et il semblerait que les services municipaux suivaient ces personnes (car c’étaient des personnes !).

Il est vrai aussi que dans l’état où elles étaient, visiblement alcoolisées en permanence, les Versaillais ne les auraient pas invitées pour le repas dominical, même pas moi ! Mais enfin, elles n’avaient peut-être pas toujours été ainsi. Ensuite, la discrétion même de l’annonce a quelque chose de choquant. Voici une femme qui s’est elle-même brûlée ou que l’on a brûlée, ou que l’on a tenté de faire disparaître après l’avoir tuée.

Ça se passe à deux pas de chez nous et l’on n’en dit rien. Que l’on compare avec le traitement médiatique local de l’horrible accident qui a coûté la vie à un motocycliste et une jeune fille près du Lycée Hoche. C’est plus que « deux poids deux mesures », ce sont deux humanités étrangères qui cohabitent ! Et l’on n’a guère d’égard pour les « vies minuscules ». Dommage !

Jacques Bonnaure (Porchefontaine)

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