Coup de gueule d’un Porchifontain à propos du sort médiatique réservé à la mort d’une femme SDF dans les bois de Porchefontaine. Deux poids, deux mesures, deux humanités…
Si les bois de Porchefontaine sont un lieu charmant de promenade, de jogging, d’équitation, de jeux scouts, ils sont parfois, bien discrètement, le cadre de drames sinistres autant que discrets. Peut-être avez vous lu une brève du Parisien, fin janvier, annonçant qu’une femme SDF avait été trouvée carbonisée dans son logement de fortune que les promeneurs du dimanche peuvent voir aisément à vingt pas du chemin, à cent mètres du Parc des Nouettes. Etait-ce la jeune femme que je croisais parfois avec deux compagnons d’infortune square Lamome ou sur le parking d’Huttopia ? Je ne sais. Toujours est-il que je ne l’ai pas revue depuis. Et depuis, on n’en a plus reparlé.
Il est facile de jouer les « indignés » et de dresser une saisissante antithèse à la Victor Hugo entre les coquets pavillons de Porchefontaine et le cabanon, entre la Ville Royale et la pauvreté absolue, voire d’accuser le monde entier. Trop facile. On sait que les problèmes des SDF ne se limitent pas à un relogement, et il semblerait que les services municipaux suivaient ces personnes (car c’étaient des personnes !).
Il est vrai aussi que dans l’état où elles étaient, visiblement alcoolisées en permanence, les Versaillais ne les auraient pas invitées pour le repas dominical, même pas moi ! Mais enfin, elles n’avaient peut-être pas toujours été ainsi. Ensuite, la discrétion même de l’annonce a quelque chose de choquant. Voici une femme qui s’est elle-même brûlée ou que l’on a brûlée, ou que l’on a tenté de faire disparaître après l’avoir tuée.
Ça se passe à deux pas de chez nous et l’on n’en dit rien. Que l’on compare avec le traitement médiatique local de l’horrible accident qui a coûté la vie à un motocycliste et une jeune fille près du Lycée Hoche. C’est plus que « deux poids deux mesures », ce sont deux humanités étrangères qui cohabitent ! Et l’on n’a guère d’égard pour les « vies minuscules ». Dommage !
Jacques Bonnaure (Porchefontaine)













Guillaume
15 h 28 min
18 février 2012
Les choses sont dites, et de belle façon.
Respect.
denis
17 h 10 min
18 février 2012
ce « coup de gueule » est injuste pour « le Parisien » car il y a bien eu une brève http://www.leparisien.fr/yvelines-78/un-cadavre-calcine-decouvert-dans-un-bois-22-01-2012-1823366.php
mais il y a eu aussi un article plus important :
http://www.leparisien.fr/yvelines-78/versailles-une-sdf-meurt-dans-l-incendie-de-son-cabanon-21-01-2012-1822886.php
europe 1 aussi en a parlé http://www.europe1.fr/Faits-divers/Un-corps-calcine-retrouve-a-Versailles-914489/
et de nombreuses radios
pourquoi comparer 2 faits divers aussi dramatiques mais incomparables ?
la médiatisation de l’accident du lycée Hoche permet de se poser la question de la sécurité dans les avenues de Versailles !
bien sur, habitant aussi à Porchefontaine, j’ai une pensée particulière pour cette pauvre femme qui a eu une vie bien difficile.
Vr
10 h 19 min
19 février 2012
Si on réfléchit un peu, il y a 700.000 morts par an en France.
Soit à peu près 2000 par jour !
S’il faut à chacun un enterrement médiatique, national de surcroit, on n’a pas fini !
Qu’on se rassure, il y a aussi près de 800.000 naissances soit plus de 2000 par jour.
@Jacques Bonnaure, c’est très bien de pousser un coup de gueule pour inviter chaque concitoyen à regarder autour de soi, à voir la misère qu’on essaye d’éviter, à aider ces gens là.
Quant à la presse, elle n’y est pour rien, les lois des choix des faits divers relevant plus du hasard et de la probabilité que d’une science exacte.
La médiatisation de la mort de cette pauvre femme n’aurait rien changé pour elle et à son sort dramatique.
Gilbert GUISLAIN
19 h 48 min
21 février 2012
Jacques Bonnaure a tout a fait raison de s’indigner . Les pages de la presse people pseudo culturelle de Versailles sont consacrées a la salle de bain de Marie Antoinette, à ses robinets, à des détails futiles,à des sujets érudits ou encyclopédiques qui n’interessent qu’un microcosme, à des auteurs dits » de prestige « , aux sempiternels classements des « bons » lycees , au microcosme oligarchique local , jamais sans aucun esprit critique , dans l’indifférence totale -mais polie et ripolinée de « bons sentiments « - à ce qui se passe dans le réel et sur le terrain. Il y a les sujets et les gens « interessants » et ceux qui ne le sont pas . Les accidents routiers ailleurs qu’ à Versailles comptent peu meme si les Nouvelles, journal tres complet, en parlent .et -meme s’il est vrai que l’on va bien trop vite dans certaines artères versaillaises, et qu’inversement la circulation est peu fluide cf gare routiere ou Chantiers …- et depuis longtemps on en parle-
Donc pour revenir au sujet ,on reste entre soi, » apres nous le déluge « …
Carton rouge aux pseudo élites! …
Je conseille au courageux » Vr » -qui ne signe pas – de lire ou de relire l’essai les chiens de garde de Serge Halimi,et de voir le film sur la servilité des medias, sur le » journalisme de révérence » Ainsi il pourra réviser son plaidoyer idéaliste pour la presse …
Gilbert Guislain Professeur de lettres et de culture générale , ancien ENS et IEP
Au moins, autrefois, les intellectuels non courtisans comme Péguy, Bloy ou Bernanos savaient s’indigner , comme Jacques Bonnaure …
Quant à l’image de Versailles hors Versailles, elle reste à parfaire, et je m’y emploie, aimant beaucoup la ville .Il faut tout faire pour ecviter de laisser enfermer la ville dans des clichés , c’est justement pourquoi il faut dénoncer ceratines attitudes sociales .
Gilbert GUISLAIN
20 h 12 min
21 février 2012
Le commentaire de Jacques Bonaure me parait tres pertinent . La presse people versaillaise pseudo culturelle n’attache de l’importance qu’a des sujets futiles, la salle de bains de Marie Antoinette, ses robinets, au temple mormon, à des auteurs dits « de prestige » -parfois sans aucun lien à la ville -et non les acteurs de terrain à Versailles, qui mériteraient attention, On se passionne pour les positions et les états d’ame du microcosme , les sempiternels classements des « bons « lycées dans l’indifférence totale au réel , dasn une totale déconnexion …- »space » dans le jargon ado -
Donc carton rouge à l’oligarchie et aux pseudo élites .! Au moins, en leur temps, Péguy . , Léon Bloy, Bernanos savaient s’indigner .sans etre courtisans . .. Un mot à Vr , courageux anonyme : je déplore son plaidoyer idéaliste pour la presse . Il faut relire l’essai -et voir el film de Serge Halimi, les Chiens de garde, sur les journalistes de réverence , sur leur servilité …
Quant a la circulation routière, Les Nouvelles de Versailles en parlent de maniere complete ., en dehors meme de ce qui se passe a Versailles . La vitesse y est tantot excessive , tantot la circulation est peu fluide , gare routiere RG ou aux Chantiers -le débat sur le nom de la gare est futile – Depuis trente ans, il est question de réorganiser cette zone des Chantiers . Chacun attend encore …
En conclusion et pour rejoindre Jacques Bonnaure, qui est un professeur qui fait Versailles sur le terrain, il faut dénoncer cerrtaines attitudes sociales de fermeture du type « apres nous le déluge » ,cultivées derriere la politesse et les « bons sentiments » , j’ajouterais que l’image de Versailles hors Versailles est à parfaire -car j’aime cette ville-; et je pense que si celle – ci renvoie à des clichés , c ‘est que ce sont ces attitudes meme , observées sur le terrain ,qui les générent . .
Gilbert Guislain Professeur de lettres et de culture générale, ancien ENS et IEP
www. gilbert-guislain.fr