armoiries versailles blason logoLes élections municipales approchent mais les programmes restent pour l’instant dans les tiroirs. Cela n’a pas empêché les candidats de commencer à se positionner sur certains sujets, dans les médias ou sur les marchés, mais on reste dans le flou. Les listes vont devoir apporter des réponses très précises afin de donner à manger aux Versaillais.

C’est pourquoi l’un de mes lecteurs m’a adressé son texte, dans lequel il décortique le document de Versailles Nous Rassemble, qui était censé questionner les candidats et sonder les habitants. Si ce lecteur a réalisé ce travail, c’est pour forcer les candidats à ne plus pratiquer la langue de bois et à répondre concrètement aux attentes. Il analysera d’ailleurs chaque programme qui sortira.
C’est un boulot fastidieux, réalisé par un passionné. Qu’il en soit remercié. Vous allez voir, y a du boulot.

ANALYSE DU DOCUMENT « VERSAILLES NOUS RASSEMBLE »

Les électeurs sont aujourd’hui déçus par le comportement de la classe politique local et national. Une campagne électorale, c’est l’éclosion de professions de foi rarement tenues et souvent abandonnées dès le lendemain des élections.
Il importe donc de fouiller les thèmes de campagne dès leur première formulation pour obliger les candidats à s’engager qualitativement et quantitativement avant le passage devant les urnes. C’est une question de timing et la raison de cette analyse !

1. Le titre : une ville plus dynamique et solidaire

a. C’est la formule passe-partout de tous les candidats ; cela révèle soit une profonde candeur des candidats, soit un mépris à l’encontre des électeurs en les prenant pour des naïfs, parce que :
– la solidarité dépend des richesses disponibles et à partager
– du comportement sociétal de la cité.
C’est le dynamisme économique qui crée les richesses à partager.
b. Toute profession de foi n’engage que celui qui l’écoute ou la lit à moins que celle-ci ne propose le but à atteindre et les moyens pour y parvenir, de façon crédible.
c. La solidarité entre les générations est d’abord de nature privée. Mais, celle-ci peut être conduite par une municipalité si les habitants ont donné un mandat explicite. Dans ce cas, elle dépend étroitement des ressources dégagées. La solidarité fondée sur le bénévolat est indispensable. Elle ne peut cependant pas être le principe premier.
d. Une ville doit être considérée comme une entreprise. Elle procure des services ou vend des prestations parce qu’elle en a les moyens. Les moyens sont issus des recettes que sont les contributions directes des citoyens, éventuellement complétées par des contributions de l’Etat – autres impôts directs ou indirects bien entendu.
e. En résumé et schématiquement, on peut écrire qu’une municipalité est comparable à une direction industrielle. Quelle est la stratégie pour créer des produits (emplois) et des services à un coût maîtrisé pour la satisfaction des clients (les électeurs habitant la cité)
– Coût maîtrisé : les recettes
– Satisfaction : acceptation de la charge fiscale
– Produits : ce qui mettra en valeur la ville et attirera les investisseurs (industries, spectacles, etc.)
En conclusion, les rédacteurs du document Versailles nous rassemble sont sans grande originalité. Ce document est un document passe-partout !

Quelques remarques sur le fond des defis

Defi n°1

a. L’economie au cœur des quartiers

La création d’emplois est fonction d’une proposition de produits au juste prix satisfaisant l’attente des acheteurs. Sans cela, la création d’emplois n’existe pas.

b. La fiscalite maitrisee ?

L’impôt a atteint un seuil critique. Il ressort que la fiscalité est dite maîtrisée lorsque les dépenses diminuent (les villes qui ont mené cette politique sont très rares en France). L’action sociale devient réellement possible en présence d’excédents.

c.  Le chateau

Bien qu’établissement public, le château de Versailles a un fonctionnement analogue à celui d’une entreprise commerciale. La ville de Versailles lui procure les infrastructures nécessaires pour l’atteinte de ses objectifs, à savoir l’autonomie financière pour payer les salariés et financer son développement (immobilier, expositions, rénovation et entretien du parc,…). Il en résulte que le partenariat ville/domaine est bancal et à sens unique. Par sa renommée, le domaine peut se passer de la ville (ainsi, le tourisme ne profite pas à la ville quelles que soient les professions de foi de ses responsables et leur désarroi !).
Ainsi, faire payer les entrées dans les jardins est une contribution appliquée à tous, visiteurs et locaux, pour assurer une partie des recettes. En outre, le maire est un des administrateurs à titre privé et ne pèse en aucun cas sur la prise de décision du comité directeur.
Compte-tenu des salaires, une grande partie des employés ne vit pas à Versailles et ne contribue pas aux recettes de la ville. Cependant, en raison de son statut d’établissement public, le domaine n’acquitte aucune redevance à la ville tel que l’ancien I.S. remplacé aujourd’hui par un impôt foncier (disposition inique compte-tenu du nombre d’employés – 1000 – et du budget annuel supérieur à 1 M€ hors partenariats privés.
En conclusion, le domaine représente un coût net pour la ville.

d. La renovation des Chantiers et le reamenagement de Satory

Que veut dire cela ? Formule absconde au possible. Qui parle de thrombose des rues conduisant aux Chantiers plusieurs heures et plusieurs fois par jour alors que la ville fait la promotion de ce nœud ferroviaire, le plus important de l’Île-de-France.
Comment parler du réaménagement de Satory si on ne définit pas au préalable la politique de transport pour la mise en place d’une liaison rapide et fiable entre ce lieu et les gares de Versailles. C’est la viabilisation ambitieuse de la zone qui incitera les entreprises (à forte valeur ajoutée si possible) à s’y installer. Donc la ville doit dégager des ressources sans en appeler à la fiscalité pour aménager ses 2 zones, condition première pour inciter les entreprises à s’installer durablement à Versailles – le retour sur investissement sera obtenu à moyen terme (1 à 2 mandatures ou plus ?).

e. Le commerce de proximite en difficulte

Trois raisons : la spéculation foncière qui est en cause, le mode de déplacement des chalands et les espaces marchants comme Parly 2. Pour la première, aucune solution sauf à préempter les lieux lors de leur mise en vente (assistanat d’individus) car la rentabilité de ces commerces ne permet pas le remboursement des emprunts et le salaire de ses gérants.
A moins de n’autoriser que le déplacement à pied ou à vélo dans toute la ville, pas de solution à court terme.
Quant à la municipalisation de ces commerces, c’est en contradiction avec les règles de bonne gestion et avec le principe des équilibres financiers !

Defi n°2

Fermeté et pédagogie se heurtent à l’égoïsme forcené de la société et des individus : moi d’abord. Ainsi, le ville ne peut pas prétendre être un modérateur. Cela existe déjà par ailleurs et, en outre, c’est le rôle de la Justice. S’il y a défaut, qui sanctionne et comment ? C’est un non-sens ! Accord avec les points 2 et 3.

Defi n°3

La nouvelle approche de la solidarité. Ne pas prendre aux uns (toujours les mêmes pour donner aux autres). C’est le problème du juste retour contributif (exemple : les bénéficiaires du RSA n’ont aucune obligation contributoire et cela est injuste d’une certaine manière). Pour que la ville réussisse à dégager des excédents, elle doit réaliser ces autres structures avec du financement privé et facturer le service au juste prix. La marge bénéficiaire nette doit autoriser l’entretien des locaux, amortissement déduit.

Defi n°4

C’est un sujet sans intérêt qui ne justifie pas une ambition électorale. Seule remarque : la rénovation des bâtiments privés anciens dépend exclusivement des facultés financières de ce à qui ils Point 3 : cela ne veut rien dire. Planter des fleurs et entretenir des jardins – donc disposer de jardiniers, c’est un coût. Aucune valeur ajoutée autre qu’esthétique.

Defi n°5

Une telle formulation relève du paternalisme. Si les élèves et les étudiants sont bien les futurs acteurs économiques, il est indispensable de les éduquer dans la frugalité et de les inviter à accepter les frustrations. L’acquisition de biens doit être normalement progressive. A titre d’image : à 10 ans un petit vélo, un plus performant à 15 ans, une voiture basique à 25 ans, une RR à 50 ans et + !

Defi n°6

Comment ne pas y souscrire ; mais avec quels moyens. Une politique culturelle est budgétivore. Il faut donc ne pas imiter ce qui est bien fait ailleurs mais comprendre les clés de la réussite à son profit. Versailles est la ville des rois de France. Quels spectacles organisés par la ville pourraient intéresser les tours opérateurs, attirer les foules et, par incidence, enrichir le commerce ? Attention, le Puy du Fou est devenu un spectacle de référence en termes d’attrait comme en réussite commerciale. Parce qu’elle était de ce terroir, la population de souche a pu accepter de jouer à titre bénévole…

Defi n°7

Rien à dire : c’est sans intérêt et paternaliste.

Defi n°8

C’est le moins qu’on puisse formuler et attendre. Mais, ne pas prendre des vessies pour des lanternes –«Moi, Président, je serai irréprochable » ! et certains l’ont cru…

10. Question du transport

Prenons comme exemple la construction de la ligne de tramway sud de B. Delanoé. Décision unilatérale et début des travaux sans permis de construire : le fait du prince et un financement par l’emprunt et donc l’impôt in fine. Si le résultat est bon, la méthode est détestable. Mais c’est l’urgence n°1 (se reporter ci-dessus) car elle induira de la richesse à terme.

11. En guise de conclusion provisoire

Versailles voudrait se développer mais les moyens financiers lui font défaut. Ne pas arguer d’une capacité d’emprunt puisque cela induit une dette à honorer tant que le retour sur investissement ne génère pas de plus-value. Il faut donc réduire la partie « Dépenses » pour à « recettes » égales utiliser l’excédent dégagé pour investir.
Pour cela, l’équipe (les équipes) briguant les suffrages doit indiquer, démonstration vérifiable à l’appui :
a. Quel est le but à atteindre ?
b. Quelle est la stratégie à adopter ?
c. Quelles sont les actions à entreprendre ?

Par exemple

a. Versailles, ville touristique mondialement connue, doit devenir une ville industrielle dynamique en mettant en valeur le plateau de Satory tout en maintenant un cadre de vie élégant et original au profit des différentes couches de population…
b. Trouver les financements nécessaires pour atteindre le but fixé avec un retour sur investissement crédible sans obérer les finances publiques et les possibilités financières de la population
c. Création d’un réseau de transport en site propre et percement de nouvelles voies pour dégager la ville, etc…
Viabilisation au moyen d’un partenariat public/privé et promotions/démarchages auprès des entreprises créatrices de fortes valeurs ajoutées (nouvelles technologies, nouveaux domaines, etc..)…
d. Définition de nouveaux produits touristiques tel en exemple « La folle journée de Nantes ».
Un ménage ne peut pas être en déficit sans risque. Une mairie doit faire de même … La France sombre en raison d’une politique budgétaire débridée depuis plus de 30 ans. Nous devons éviter le pire à Versailles : pour cela, être dans la vérité de l’économie.
CS