Plus de 800 ans après la mort de Richard Ier, les restes de son cœur embaumé ont fait l’objet d’une analyse biomédicale par l’équipe de Philippe Charlier, maître de conférences en médecine légale au CHU Raymond Poincaré (AP-HP/UVSQ). Celle-ci révèle des pratiques de conservation des tissus à cette période encore méconnues à ce jour.

boite plomb richard coeur de lionLes chercheurs présenteront leurs résultats, publiés le 28 février 2013 dans la revue internationale en ligne Scientific Reports (groupe Nature), lors d’un point presse organisé à l’UFR des sciences de la santé Simone Veil, qui se déroulera jeudi 28 février 2013 à 14h, amphithéâtre 3, et sera suivi d’une visite de l’exposition « Le miroir du temps : les momies de Randazzo (Sicile, XVIIe-XIXe siècle) » qui dévoile les 139 restes de momies découvertes fortuitement en Sicile en 2008, accompagnées de leur étude anthropologique et archéologique.

Richard Ier, surnommé « Richard Cœur de Lion » en raison de sa réputation de chevalier courageux, succombe à une blessure de guerre en 1199 à Châlus, en France. Conformément aux pratiques de l’époque et aux souhaits du défunt roi, ses entrailles sont enterrées sur place, son cœur est embaumé séparément et déposé dans un cercueil à la cathédrale de Rouen, tandis que le reste de son corps est inhumé à l’Abbaye de Fontevraud. Une boîte de plomb découverte en 1838 lors de fouilles archéologiques dans la cathédrale de Rouen contenait toujours les restes du cœur embaumés, qui sont étudiés aujourd’hui pourla première fois.

richard coeur de lionAfin de mieux comprendre le contexte de la mort du roi et le traitement post-mortem du cœur, Philippe Charlier et ses collègues ont mené une analyse biomédicale complète d’échantillons de l’organe. Cette étude sur le plus vieux cœur embaumé étudié en France fournit des informations précieuses sur les traitements post-mortem et les procédures d’embaumement de cette période, encore inconnus jusqu’à ce jour. Les résultats de ces recherches révèlent notamment que la sélection de certains matériaux utilisés pour la conservation de ce cœur aurait été inspirée par les textes bibliques. Philippe Charlier parle en effet d’épices et d’aromates communs à l’embaumement du cœur de Richard Ier et du corps du Christ.

Adresse et plan d’accès

UFR des sciences de la santé Simone Veil
Amphithéâtre 3
2 avenue de la Source de la Bièvre
78180 Montigny-Le-Bretonneux

Informations complémentaires

Dirigée par Philippe Charlier, l’équipe multidisciplinaire associe des spécialistes des sciences fondamentales et des sciences humaines. Elle s’est récemment illustrée par l’identification de la tête embaumée d’Henri IV, et la nouvelle confirmation de son identité par une confrontation de son ADN avec celui de Louis XVI, son descendant direct à la septième génération. Le but de cette équipe est de tester, valider et améliorer des techniques d’investigation médico-légale sur des substrats archéologiques et/ou historiques, au service de la Justice et du diagnostic rétrospectif médical.

Outre la présentation des résultats de ces recherches sur le plus vieux cœur embaumé étudié en France, la conférence de presse dévoilera aussi une seconde publication majeure de cette même équipe : les détails de la plus ancienne dissection anatomique connue : un corps du XIIIème siècle. « Un témoignage unique sur les premières autopsies scientifiques occidentales » précise Philippe Charlier.