Il n’y a pas que la place Hoche qui fasse hurler, mais aussi la rue de l’Ermitage. Je vous invite à lire l’article édifiant de Laurent Denis, ci-dessous.

Lecteur assidu et souvent amusé du site « MonVersailles.com », j’y relève aussi des préoccupations bien inquiétantes, donc bien légitimes, en matière de sécurité routière. Elles sont parfois pleine de gravité. La gestion de la sécurité de la Place Hoche est en un exemple.

Parfois, l’insécurité provient de l’absence de décision. Parfois, elle est créée par des décisions. Un peu à l’écart, la Rue de l’Ermitage apporte un exemple de ce genre d’aberrations urbaines.

Au motif de réduire la vélocité de la circulation (objectif pertinent et largement partagé), deux installations sont en place depuis plus de deux mois, affublées du qualificatif (douteux) de « tests« .

Outre le ralentissement des véhicules (objectif atteint, c’est même l’embouteillage qui prospère aux heures de circulation intense), ces installations urbaines ont décreté, sans demande ni concertation avec l’insignifiante populace riveraine, le rétrécissement de la rue de l’Ermitage, en deux endroits.

Ce double rétrécissement aboutit à des situations catastrophiques, porteuses de risques inexistants antérieurement.

Toutes sortes de véhicules se trouvent désormais quotidiennement en face-à-face, dans une rue déjà bien étroite. Aucune règle de priorité. Les trop petites voitures n’on qu’à bien se tenir ; quant aux vélos, les acrobaties sont désormais indispensables.

Les dispositifs ralentisseurs, baptisés poétiquement (l’urbain n’est pas l’ennemi de la culture, n’est-ce pas ?) « coussins berlinois » sont insérés (volontairement ?) dans un espace bien trop étroit, qui oblige justement les vélos à rouler sur leurs perfides arrêtes anguleuses. Pour peu qu’il pleuve, le « coussin berlinois » se transforme très vite en « peau de banane berlinoise ». Rappelons que, dans le même temps, une horde de voitures arrivent en face sans l’intention d’épargner le joyeux cycliste…

Accessoirement, l’opération stratégique de congestion urbaine entraîne la disparition de places de parking ; celles-ci sont encore trop abondantes dans la Rue de l’Ermitage, où il est encore possible de trouver des places pour garer les véhicules. Inadmissible, sans doute.

Il n’était donc que temps d’introduire -enfin- un véritable danger urbain dans cette rue paisible, de supprimer des places de stationnement et de promouvoir des théories urbaines fumantes qu’aucune demande des « usagers » ne réclame ni ne soutient.

Ralentir, simplement, les véhicules ne suffit certainement pas. Ce n’est pas assez. La mise en place méthodique d’un dispositif de fabrication locale d’accidents peut, certainement, contribuer à freiner pour de bon la circulation. Et à calmer toutes les ardeurs.

L’autre soir, un véhicule de premier secours était totalement immobilisé dans la Rue de l’Ermitage, sirène déchirante, coincé dans l’inextricable noeud routier provoqué par ce joyeux bazar urbain à double détente.

Une pétition en ligne est en place pour les Versaillais et pour tous ceux qui souhaitent le ralentissement des véhicules de la Rue de l’Ermitage, et la protection nécessaire des nombreux passants et enfants qui l’empruntent, mais sans enclencher pour autant ces dangereux rétrécissement :

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Maire_de_Versailles_Retablissement_de_la_circulation_rue_de_lErmitage_a_Versailles/edit/

Si ces installations perdurent, il y aura, ces prochains mois, des accidents graves rue de l’Ermitage, à Versailles. C’est manifestement ce qui se profile.

Laurent Denis

rue ermitage versailles plots sécurité0606