A Versailles, évitez de traverser quand le petit bonhomme est rouge, sinon vous risquez une belle garde à vue, ainsi que vos proches ! C’est ce qui est arrivé l’année dernière à un habitant de Grand Siècle qui a porté plainte et réclame… 1 M € de dommages et intérêts.

menottesEn août 2008, Jean-François de Lauzun, 60 ans, traverse la rue au niveau du carrefour de la place Thiers (croisement rue Champ-Lagarde/bld de la République), alors que le feu est rouge pour lui. En août, la circulation est intense et dangereuse comme chacun sait.

Là, une patrouille de policiers intervient, l’eng… a fermement et vérifie son identité. Intrigué, un homme de 59 ans, Bernard Copin, intervient et apporte son soutien à de Lauzun, en essayant d’expliquer aux policiers qu’il n’y a pas crime et qu’ils ont peut-être mieux à faire. Enérvés, ceux-ci vérifient son identité.

Bon. On va penser à ce moment-là que cette histoire va en rester là. Erreur. Le soir même, la police débarque chez le premier pour le convoquer au commissariat. Jean-François de Lauzun résiste : il est alors menotté (si, si) et placé en garde-à-vue pendant 18 h pour « outrage« .

Mais ce n’est pas fini ! Le lendemain, Bernard Copin est violemment interpellé dans la pharmacie où travaille sa compagne (on se demande comment ils ont su ; ils le suivaient où quoi ?). Il est placé à son tour en garde à vue, tout comme sa compagne, Patricia Lamant. Cette dernière est ressortie libre après 24 heures de garde à vue, sans qu’aucun fait ne lui soit reproché et décide de porter plainte.

Bernard Copin est lui poursuivi pour « outrage et rébellion« . Relaxé par le tribunal, son procès en appel s’est ouvert le 24 novembre, où il a écopé d’une amende de 1000 €. Il réclame néanmoins un million d’euros de dommages et intérêts pour dénoncer une « incroyable atteinte aux droits de l’Homme« . « Des gens me brutalisent, je me défends !« , s’est-il justifié devant la cour. La cour d’appel rendra son arrêt le 29 décembre.

Le Premier ministre François Fillon a estimé qu’il est impératif de « repenser les conditions d’utilisation et l’utilité de la garde à vue » afin « d’éviter les abus« . Sans blague.

Depuis quelques années, le nombre de garde à vue prend une tournure absurde et grave en France (plus de 600 000 par an) et elle est souvent utilisée à tort et à travers. Le blog de l’avocat versaillais Matthieu Barbé en parle.

Pourquoi les policiers ont-ils agi de telle façon ? Je ne sais pas, mais n’avaient-ils pas mieux à faire que de surveiller les piétons qui traversent une rue en plein mois d’août ? J’ai beaucoup de respect pour les policiers, dont le métier demande patience, résistance et vie de famille bousculée. Mais il est impératif que l’Etat rappelle à l’ordre certains éléments.

Bon, j’arrête là, sinon, je me vais me retrouver au poste.