égoistes anonymes jerome verdiere royale factory versaillesArrogants, avares, bornés, capricieux, coléreux, cruels, envieux, grossiers, hypocrites, intolérants, jaloux, lâches, méprisants, mesquins, menteurs, peureux, prétentieux, râleurs, vaniteux…

Les égoïstes anonymes est une pièce à sketchs de Jérôme de Verdière composée de neuf scènes où deux comédiens, Maeva Pasquali et Aurélien Tourte, interprètent pas moins de dix-huit rôles ! Deux dates seulement sont programmées à la Royale Factory, les 23 mars et 2 juin : réservez vite !

S’affrontent tour à tour : un psy insensible et sa patiente insensée, un couple adoptant un enfant… sur catalogue, un odieux radin sans cœur et sa gentille sœur sans le sou, un suicidaire récidiviste et son épouse frivole, deux libertins dont un jaloux, un homme doublement quitté et sa maitresse doublement fatiguée, un malade du cancer et une malade d’elle-même, une fonctionnaire épuisée et un drôle de demandeur d’emploi et enfin une femme étouffée par un amoureux fou.

Autant de situations qui déroulent le fil de l’égoïsme. Père de tous les défauts humains, il prend des formes diverses : il peut être cynique ou naïf, froid ou volcanique, plein de méchanceté ou plein de bonnes intentions, il est tout à la fois et partout. Protéiforme et universel, l’égoïsme est traité ici par le rire.

En riant des égoïstes anonymes, nous rions de nous-mêmes car nous sommes tous… des égoïstes !

JeRoME DE VERDIeRE

Journaliste, animateur et auteur. Après avoir couvert de nombreux événements sportifs à la radio, il présente l’émission 100% foot sur M6. Puis il crée et présente l’émission La Revue de Presse qui réalise encore aujourd’hui les meilleures audiences de Paris Première. Sur RTL, il présente chaque été Un Rien Mabille avec son complice Bernard Mabille. Coauteur et metteur en scène du spectacle de l’imitateur Michel Guidoni, il a aussi écrit la pièce Le Syndrome de Copenhague, jouée au théâtre des 2 ânes à Paris, et écrit et mis en scène Un banc pour deux bientôt à Narbonne et en région parisienne.

ENTRETIEN AVEC JeRoME DE VERDIeRE

Comment est née cette pièce ?

J’avais envie de faire une pièce à sketchs dans l’esprit des films à sketchs italiens des années 60-70. J’aime bien l’idée de prendre un thème et de l’illustrer par des petites histoires courtes. J’ai donc écrit des sketchs et quand j’en ai eu trois ou quatre, je me suis rendu compte qu’ils avaient un point commun : l’égoïsme des personnages. J’avais la thématique du spectacle. J’ai alors écrit une quinzaine de sketchs. Une fois ce travail terminé, je n’en ai gardé que neuf – il ne fallait pas de redondance dans les types d’égoïsmes –, les plus efficaces. Puis, je les ai organisés de manière à ce qu’ils forment un tout cohérent. Il y a dans ce spectacle un début, un milieu et une fin.

Pourquoi deux comédiens ?

Parce que plus, ça coûte trop cher ! Plus sérieusement, au début, j’avais pensé à quatre comédiens. Mais ça n’allait pas avec l’idée de la pièce. Je me suis donc dit : puisque nous sommes tous des égoïstes, autant que deux acteurs, et deux acteurs seulement, les interprètent tous. Ca renforce, d’une certaine manière, l’anonymat des personnages et leur caractère universel. Enfin – et là pour le coup, c’est très égoïste – le metteur en scène que je suis aussi sur la pièce trouve très jubilatoire de faire endosser des costumes totalement différents à d’excellents comédiens. C’est un régal de voir Maeva et Aurélien passer d’un personnage à un autre d’une scène à l’autre. J’espère que ce plaisir sera aussi celui du spectateur.

Justement, quelle a été votre direction d’acteurs ?

J’ai dit aux comédiens : « il n’y a aucune psychologie dans le texte ». Je le pense. Même si ça ne parle finalement que de ça. « Jouez la situation, telle qu’elle est. » Une fois ce travail que je qualifierai de naturaliste – pour faire chic ! –, je leur ai dit : « maintenant amusez-vous ! Amusez-vous à être un partouzeur, un con, une hystérique ou une méchante ». J’aime quand les comédiens sont totalement dans le rôle mais que l’on sent aussi, de manière ténue, une jubilation dans le jeu. De bons comédiens dans une comédie réussie doivent être sincères et communicatifs.

Votre objectif est-il de divertir, faire rire ou faire réfléchir le spectateur ?

Le public n’a pas besoin de nous pour réfléchir. Notre but, c’est évidemment de l’amuser. Mon rêve est qu’à la sortie, sourire aux lèvres, un spectateur me dise dans le creux de l’oreille : « Dans cette scène, j’ai reconnu ma femme. » Et que sa femme, souriante elle-aussi, me glisse dans le creux de l’autre oreille : « Dans cette scène, j’ai vraiment eu l’impression de voir mon mari. »