bibliothèques versaillesMarc Soubeyrand nous fait part ici de son étonnement quant au désherbage de la Bibliothèque de Versailles et ses conséquences. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Depuis quelques années, les désherbages réguliers de la bibliothèque municipale de Versailles réjouissent les amateurs de livres bradés. On a même pu s’y procurer à bon compte des exemplaires de la Pléiade. Très bien si ça permet à des citoyens modestes d’acquérir des livres, même si ce ne sont pas qu’eux qui profitent de ces occasions. Mais ces désherbages à répétition ont une conséquence visible : les étagères de la bibliothèque centrale ont subi une cure d’amaigrissement.

Récemment, cherchant un ouvrage de géographie sur le thème des fleuves, nous n’avons rien trouvé. A l’inverse, nous avons trouvé nombre d’ouvrages sur ce thème dans les bibliothèques voisines de Viroflay et Vélizy qui n’ont pas ce genre de pratique. Ce phénomène ne touche pas que les ouvrages de géographie, seules les bandes dessinées semblant échapper à ce régime. On nous objectera que les fonds de la bibliothèque centrale sont d’une grande richesse : certes, mais ce n’est pas notre conception personnelle de la bibliothèque. Pour nous, la bibliothèque doit être un lieu agréable, où on peut déambuler dans les rayons, piocher sans idée préconçue un ouvrage d’un thème ou d’un auteur inconnus, s’installer confortablement pour en feuilleter quelques pages, pour conforter sa décision de l’emprunter ou au contraire aller le reposer en rayon et en choisir un autre, dans le même thème ou une autre catégorie selon son humeur. Cette conception n’est évidemment pas exclusive avec des utilisations par des étudiants et des chercheurs, mais doit être partagée je pense par de nombreux autres abonnés au profil de « flâneur-dilettante », qui sont malheureux comme nous dans les rayons Ikea de la bibliothèque centrale et ont dû migrer vers des lieux plus conformes à leurs aspirations comme Viroflay ou Vélizy.

Il nous semble d’autre part que cette façon ouverte d’aborder les ouvrages, est l’approche non intimidante de la culture à privilégier pour les personnes qui en sont les plus éloignées. Un point à rapprocher des fermetures des bibliothèques de Versailles pendant les périodes de vacances scolaires, étant entendu que toutes les familles de Versailles vont en vacances à la neige ou au bord de la mer… encore une différence avec les autres bibliothèques citées dont les plages d’ouverture pendant ces mêmes périodes sont bien différentes, permettant l’accès culturel aux familles les moins favorisées.

PS : nous croyons savoir que la politique intensive de désherbage des bibliothèques de Versailles qui consistait à « éliminer » les ouvrages vieux de cinq ans ou non empruntés depuis plus de deux ans, et qui était menée depuis cinq ans, a été abandonnée par son nouveau responsable : pouvez-vous nous rassurer sur ce point ?

Marc Soubeyrand