Le président du château, Jean-Jacques Aillagon, a reçu aujourd’hui une dizaine de représentants de la presse locale pour un déjeuner au Grand Café d’Orléans, situé dans le pavillon Dufour, dont MonVersailles. Un exercice courageux car les questions n’ont pas manqué de l’assaillir, et intelligent car cela lui a permis de s’expliquer directement.

Posé, calme, ouvert, mais aussi érudit et passionné par son job, le président s’est tout d’abord attardé sur le manque à gagner de la gratuité pour les jeunes. La perte est estimée à 8 M€ sur 42 M€ de CA billetterie, même si la compensation de l’Etat ne s’élève qu’à 6,5 M€.

Puis il a lancé une idée intéressante et ambitieuse : pour « donner de la cohérence à de multiples lieux historiquement liés entre eux« , il propose de rattacher les domaines de Marly et de la Malmaison au château de Versailles, ainsi que Chévreloup et le Potager de Roi. Son rêve serait même de créer une « immense promenade verte » jusqu’à Marly, pour les piétons et les vélos. Ce projet de rattachement est en cours et devrait avoir lieu dans quelques mois. Il propose également de créer une fondation pour regrouper tous les établissements royaux, comme cela se fait à Berlin ou Madrid.

Puis Jean-Jacques Aillagon annonce la réouverture de l’Opéra le 21 septembre prochain, avoue que le choix de Christophe est plutôt « générationnel » et ne cache pas qu’un nouveau concert de la Versailles Touch n’est pas exclu.

Je ne peux m’empêcher alors de le faire réagir sur deux polémiques qui touchent directement la ville : le parc payant et la place d’Armes. Affichant sa volonté de ne pas polémiquer avec le maire de Versailles (qu’il avait lui-même recommandé auprès de Jean-Pierre Raffarin), le président rappelle aussi son objectif : « défendre avant tout les intérêts du château ».

Sur le premier sujet, il explique que ce n’est qu’une toute petite partie qui est devenue payante (96 ha sur 738) et que la vocation d’un parc de cette ampleur n’a pas pour vocation d’être un lieu de promenade ni un terrain de jogging. D’autant plus qu’il ne reçoit rien de la mairie. Il donne même : la mairie reçoit chaque année 3 M€ provenant de sa gestion de la place d’Armes. Et ajoute que la place est dans un état déplorable. Comme les grilles des écuries et de l’Orangerie, mais « nous n’avons pas encore trouvé de mécène pour ce projet et la crise n’arrange rien.Et le coût est estimé à 10 M€« . Puis ajoute, presque gêné : « Je n’aime pas la polémique. Même si elle peut avoir un effet publicitaire inattendu, comme pour l’expo de Jeff Koons ».

Les futurs projets ? Une grande fête en l’honneur du fondateur, Louis XIV le 26 octobre, le tournage de la suite de l’Enfant Roi en juin (tous les lundis), une expo sur Louis XV en 2011, « qui a quand même régné 59 ans et qui a fait plus que collectionner les maîtresses« . Il rêve même d’un Sons & Lumières façon Puy du Fou, « idée que j’ai eue en tombant sur un livre d’André Maurois sur un Sons & Lumières qui a eu lieu autrefois« .

Puis il termine sur la fréquentation du public : « Janvier et février ont été très mauvais en raison du froid, mais on devrait compenser d’ici fin mai. La météo est très importante pour nous« . Satisfait de la vente en ligne, il constate que la crise n’affecte pas la fréquentation.

A noter : je publierai bientôt l’argumentaire de Jean-Jacques Aillagon concernant l’accès payant du parc.