Ce matin s’est tenue la traditionnelle conférence de presse annuelle de Jean-Jacques Aillagon, Président de l’Etablissement public du musée et du domaine national de Versailles. Celui-ci a présenté aux médias un bilan de l’année 2009 et annonçant ainsi que  le programme de 2010, qui s’annonce particulièrement riche et varié. Au menu : d’excellentes recettes, un meilleur statut de l’établissement, M en concert en juin, Murakami en septembre et le président candidat à… sa propre succession.

chateau de versailles jean-jacques aillagon

La conférence s’est tenue cette année à l’Observatoire de Paris, pour mettre l’accent sur l’exposition Sciences et curiosités à la Cour de Versailles qui se tiendra du 26 octobre 2010 au 27 février 2011 dans les salles qui accueillirent jusqu’à hier l’exposition Louis XIV, l’homme et le roi.

Une véritable perspective pluridisciplinaire

Le président du domaine a rappelé les nombreuses missions de l’établissement dont le déploiement engage de nombreux chantiers : chantiers de restauration et d’équipement du patrimoine dans le cadre du schéma directeur mis en oeuvre en 2003, chantiers d’amélioration de l’accueil du public qui dépasse désormais, dans le château et à Trianon, les cinq millions de visiteurs et dépasse les quinze millions sur le domaine, chantiers de la médiation culturelle et de la diversification des publics, chantiers de la mise en valeur et de l’enrichissement du patrimoine à travers notamment le projet de mieux distinguer dans l’organisation du musée entre la résidence royale et les galeries historiques héritées du Musée d’Histoire de France, de Louis-Philippe, chantier de l’offre culturelle qui se déploie de l’histoire à la création contemporaine et, désormais, de la peinture, à la sculpture, à l’architecture, au théâtre, à la musique, à la littérature, à la photographie et aux sciences… et embrasse donc une véritable perspective « pluridisciplinaire » pour reprendre un concept cher au Centre Pompidou.

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Augmenté au cours de l’année écoulée, de la place d’armes (4 hectares) et du domaine de Marly (53 hectares), le domaine de Versailles recouvre désormais 787 hectares. Il a la charge de quelque 190 000 m² de planchers et de 60 000 oeuvres. Il emploie 834 agents permanents auxquels s’ajoutent de nombreux collaborateurs occasionnels (154), sans compter les salariés des sociétés ou établissements concessionnaires ou encore ceux des sociétés en charge de marchés de prestations et qui concourent au bon fonctionnement de la maison. On le voit, ce sont quelque 1500 personnes qui contribuent tout au long de l’année à la vie de la « cité de Versailles » bien plus grande que la cité du Vatican…

Un taux d’autofinancement de 50 %

L’établissement en charge de ce vaste ensemble est soumis à une règle de financement singulière puisque, contrairement aux autres établissements nationaux, il ne reçoit pas de l’État de subventions de fonctionnement (à l’exception, depuis 2009, de la compensation versée par le Ministère de la Culture et de la Communication, au titre de l’instauration de la gratuité pour les 18-25 ans et les enseignants). L’État concourt cependant à l’existence de l’établissement par une subvention d’investissement au titre des grands travaux (25.8 M€ en 2009) et par la prise en charge de la rémunération des 607 agents titulaires (valorisation 2009 : 20 M€). Sur un budget global (fonctionnement et travaux) de 110.9 M€ (2009), l’établissement en garantit donc 55,1 M, par les recettes de sa propre activité (billetterie, concessions, locations, produits financiers, mécénat) et son fonds de roulement, ce qui représente un taux d’autofinancement d’environ 50%!

Ce modèle économique singulier explique l’attention toute particulière que l’établissement porte au mécénat et au développement équitable de ses recettes de billetterie. La nouvelle tarification mise en oeuvre le 1er janvier 2010 permet d’atteindre les objectifs conjoints, de simplification, de globalisation, de productivité, sans freiner l’objectif de démocratisation d’accès à la culture.

40% des visiteurs bénéficient de la gratuité

On estime en effet qu’ aujourd’hui 40% des visiteurs de Versailles bénéficient de la gratuité. C’est par ailleurs le même billet qui permet de visiter le château et les expositions, ce qui signifie que le visiteur du château peut voir les expositions sans acquitter de droit d’entrée supplémentaire et que le visiteur d’une exposition peut accéder au château dans les mêmes conditions. Les jours de gratuité, les expositions sont accessibles dans les mêmes conditions que le musée. L’audioguide est désormais un service universellement mis à la disposition des visiteurs, qu’ils soient payants ou qu’ils bénéficient de la gratuité.

Un mandat porté à 5 ans

L’Établissement public du musée et du domaine national de Versailles est né en 1995. Le temps était venu d’en toiletter les statuts pour prendre en compte ce qu’avait été, au cours de ces 15 ans, la réalité du fonctionnement statutaire de la maison. C’est la raison pour laquelle Jean-Jacques Aillagon a proposé au gouvernement qu’une nouvelle rédaction des statuts définisse plus nettement la mission arbitrale du président, la mission scientifique et culturelle du directeur général qui deviendra « directeur du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon », la mission administrative de l’administrateur général. Pour assurer la stabilité de l’établissement, le président a proposé que la durée du premier mandat des présidents soit portée à 5 ans, les suivants s’établissant à 3 ans. Lorsque le nouveau décret sera promulgué, l’établissement deviendra Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles.

Vous trouverez en téléchargement les 59 pages du dossier de presse, passionnant et très complet.