fabien-bougle-versailles-famille-avenirDernier candidat à répondre aux questions de MonVersailles (François de Mazières ayant refusé de répondre) : Fabien Bouglé, tête de le liste de Versailles Famille Avenir.

Qui etes-vous ?

J’ai 40 ans, et je suis père de famille. Je suis d’origine bretonne, je me suis installé à Versailles il y a quinze ans maintenant car j’ai eu un coup de foudre pour cette ville historique unique. Après avoir été cadre dans plusieurs établissements financiers spécialisés, j’ai créé ma société de conseil en gestion de patrimoines. Titulaire d’une maîtrise en droit privé, d’un Master II Gestion de Patrimoine et d’une licence d’Histoire de l’Art et d’archéologie, je suis chef d’entreprise depuis maintenant dix ans. Je suis chargé d’enseignement dans plusieurs formations dont l’ESCP-EAP et j’ai également créé et publié l’international Art Diary, agenda mondial de l’art qui référence les grands évènements culturels internationaux. J’écris notamment pour la Gazette de l’Hôtel Drouot et les éditions juridiques Francis Lefebvre. Toujours comme spécialiste du marché de l’art, j’ai été nommé Officier de Gendarmerie de réserve spécialiste de la lutte contre le trafic de biens culturels et contre les cambriolages.

Si je suis aujourd’hui candidat à la mairie de Versailles, c’est d’abord pour porter des convictions et parce que j’ai été déçu par la gestion de la ville depuis que j’y habite. Par ailleurs, mon activité professionnelle est compatible avec un plein engagement dans cette campagne. Ceci étant, je ne suis pas seul à porter cette liste. Je crois bon d’insister sur le fait qu’une municipalité doit être constituée d’une équipe soudée, compétente et dynamique. Les convictions fortes que nous portons participent à cette cohésion. A Versailles Familles Avenir, nous avons des parcours, des profils et des sensibilités différentes mais nous croyons tous en l’homme et à l’impériosité de remettre la famille au cœur pour donner un cap à notre ville, fédérer nos quartiers et décliner l’ensemble de la politique de la Ville.

Pourquoi une candidature a Versailles ?

Parce que Versailles est notre cadre de vie quotidien. Beaucoup de Versaillais s’y sont installés ou y sont restés pour une qualité de vie exceptionnelle, à proximité directe de Paris. A Versailles Familles Avenir, nous souhaitons que cette qualité perdure et nous ne voulons pas laisser dégrader le lien entre les générations et les habitants, et nous croyons qu’une politique de proximité est nécessaire dans des temps économiquement et socialement difficiles.

Contrairement à ce qui est dit trop souvent, la compétence du maire est assez large : le maire est premier magistrat de sa ville, il est garant de l’obligation scolaire, il a en charge l’état civil, les crèches, les écoles, et il est un acteur indispensable du développement économique et international de sa ville. Il doit avoir une vision et des qualités de gestionnaire, en lien avec le directeur général des services, mais il est appelé à fixer des caps, à faire des choix dans la concertation. Il doit donc imprimer une direction, passer des discours aux actes, et, de ce point de vue, nous avons été déçus par l’équipe précédente.

Avez-vous propose une place a Henry de Lesquen ?

Non. Notre liste s’est constituée naturellement autour de personnalités de convictions issues de la société civile et partageant le même constat. Ce qui se passe depuis deux ans a fait se lever une nouvelle génération de personnes motivées et voulant apporter un renouveau politique. C’est pour cela que la liste VFA s’est constituée en dehors de tout parti politique. Nous souhaitons conserver cette position car nous considérons que c’est le gage d’une liberté d’action et de parole précieuse.

Quels sont vos divers engagements et activites a Versailles ?

Sur le plan professionnel, j’exerce au niveau international mais mes bureaux sont à Versailles, ce qui me permet d’y rencontrer dans la journée de nombreux versaillais. J’ai également une activité tournée vers les fondations, le mécénat et les fonds de dotation dans le cadre de laquelle j’ai pu accompagner avec succès le Centre de Musique Baroque de Versailles dans le cadre de recherches de mécènes.

J’y ai également poursuivi brièvement des fonctions antérieures à l’Udaf de Versailles. Je suis un des fondateurs de la Marche des Saints, évènement festif fédérant les différentes paroisses du diocèse, et je suis impliqué dans différentes actions au service de la vie et de la défense des faibles. La liste Versailles Familles avenir s’adresse beaucoup plus largement à tous les hommes et les femmes de bonne volonté qui croient que nous avons trop longtemps laissé notre destin à des professionnels de la politique et que nous devons aujourd’hui le reprendre en main.

Le maire dit que vous vous presentez contre lui car il vous a refuse une place sur sa liste : que lui-repondez-vous ?

Ce n’est pas sérieux de la part du maire sortant de réduire mon engagement et celui de VFA à des questions d’ambitions personnelles. S’il n’y avait pas une vraie divergence de fond entre nos deux projets, vous pensez bien qu’un accord aurait été trouvé. VFA a d’abord eu une logique associative pour chercher à peser dans le débat local, dans la suite de la Manif pour tous. C’était une manière de répondre aux inquiétudes nombreuses de la population face à des agressions fortes et une immixtion dans la sphère familiale.

C’est dans ce cadre que six d’entre nous avons rencontré le maire sortant, en présence de deux adjoints et d’un conseiller municipal, pour demander non pas deux postes, mais bien deux crans supplémentaires dans la politique familiale et faire des propositions. Nous lui avons suggéré des mesures comme la nomination d’un premier adjoint à la famille aux compétences élargies appelé à intervenir dans des domaines variés, mais jamais nous n’avons demandé ce poste. Nous avons regretté un manque de courage et une démission face à des lois qui bouleversent en profondeur la société. Nous sommes ressortis consternés de la posture de François de Mazières qui a opposé une fin de non-recevoir à toutes nos remarques et c’est ce qui a poussé toutes les personnes présentes à ce rendez-vous à constituer une liste qui défende les familles, toutes les familles, en la plaçant au cœur d’une politique de la Ville plus dynamique.

Depuis, l’écho remporté par notre campagne n’a fait que renforcer notre détermination et conforter ce choix. Je crois que l’un des défauts de l’équipe actuelle est de se laisser aveugler par une logique politicienne. On l’a vu dans l’actualité récente sur les livres de bibliothèques par exemple, ou sur la présence d’une personnalité pour le moins controversée à l’école Lafitan. Au lieu d’avoir une réaction saine et courageuse, le maire sortant prend une posture de victime considérant comme une attaque politique personnelle ce qui n’est qu’une information objective dont chacun peut avoir connaissance. Nous aurions aimé dans ces situations qu’il fasse preuve de fermeté et qu’il passe du discours aux actes. A chaque fois, il donne raison à notre engagement.

Il ne suffit pas de faire des conférences ou de simples gestes pour ménager son électorat. Nous avons à cet égard de très nombreux retours de versaillais conscients de l’ambiguïté de l’équipe sortante et de son manque de courage dans ces domaines.

Le maire a participe à la Manif Pour Tous : pourquoi ne pas le soutenir ?

Oui, le maire a participé à la Manif pour tous, comme du reste de nombreuses autres personnalités engagées en politique, qui à l’exemple de Valérie Pécresse, n’hésite pas à s’y imposer en dépit de la connivence entretenue avec les socialistes. Ceci étant, et compte tenu de l’engagement des versaillais dans ce domaine, beaucoup d’entre nous sommes déçus d’une implication qui reste minimale. Combien de versaillais ont donné d’eux même, combien de Versaillais, parmi les plus jeunes, ont été placé en garde-à-vue de manière illégitime, combien d’entre nous avons pris des risques professionnels en s’engageant avec détermination ? Je pense par exemple aux juristes, qui ont signé des pétitions, défilés en robes, je pense aussi aux mères de familles, à l’exemple des merveilleuses, qui ont pris sur elles de se lever pour faire entendre leurs voix, aux salariés d’entreprise et aux étudiants qui ont donné un exemple salutaire de leurs convictions profondes que nous saluons.

Les mariages entre personnes de même sexe célébrés à Versailles en cachette, sans qu’aucune déclaration courageuse n’ait été prononcée, sans qu’aucune distance n’ait été prise, sans même attendre l’épuisement des recours juridiques (menés notamment par Cyrille de la Rochère, avocat versaillais et co-listier de VFA) a été perçu par nombre d’entre nous comme une trahison. La posture consistant à dire que la loi est votée n’est pas tenable. L’histoire de notre pays nous enseigne que nous avons le devoir moral de ne pas appliquer un texte, y compris s’il est voté, s’il heurte des principes supérieurs communs qu’exprime le droit naturel. La loi Taubira, qui autorise l’adoption, parce qu’elle attaque les fondements de la nature, est de celle-là. L’opposition au changement de civilisation que le gouvernement souhaite nous imposer réclame plus de courage.

Certains vous reprochent votre radicalite : quel est votre avis ?

Je crois que les personnes qui me font ce reproche ne connaissent pas le fond de ma personnalité et je les invite à venir me rencontrer. Je parle avec mes tripes mais je suis profondément respectueux de toutes les personnes, et je suis attaché à l’écoute. Si les Versaillais m’élisent, je serai à la disposition de chacun d’entre eux sans aucune exclusive.

Je vous conseille du reste de lire notre programme pour voir que VFA souhaite rassembler, unir les Versaillais dans toutes leurs richesses et leur diversité. Ce n’est pas un discours, c’est un axe de notre programme : rétablir la démocratie locale, créer la rencontre avec les versaillais pour entendre leurs désirs, proposer de manière directe des alternatives à travers le referendum local. A Versailles, certains quartiers se sentent abandonnés, et il faut fédérer notre ville autour des valeurs qui nous sont communes. La famille est de celle-là, car, tous, célibataires, mariés, divorcés, seuls ou malmenés par la vie, nous sommes issus d’une famille.

Ceci étant dit, je suis, c’est vrai, dans une certaine détermination liée à mes convictions. Les temps que nous vivons sont tourmentés, difficiles, la situation de notre pays économiquement et moralement affectée, et notre ville n’est pas, et ne sera pas, épargnée. Au contraire, je pense que dans mes opposants, il existe une certaine mollesse et une indécision incompatibles avec la nature des enjeux politiques à venir.

L’heure n’est plus aux ballons, aux gadgets régressifs, et aux apéritifs ! L’entre soi de cette campagne qui conduit mes opposants à un étalage en décalage total avec les inquiétudes morales et économiques des Versaillais peut à certains égards, paraître indécent. Je serai le maire de tous les Versaillais, sans exclusive, mais en vérité.

Quelle sera votre position au second tour ?

J’ai tendance à dire à ceux qui me posent la question : à chaque jour suffit sa peine. J’espère, avec les Versaillais, être en première position pour défendre le bien commun !